
Comprendre, repérer et agir**
L’agitation chez l’enfant est un phénomène répandu : difficultés à rester assis, besoin constant de bouger, attention fugace, impulsivité, irritabilité… Pour beaucoup de parents, ces comportements sont source de préoccupation. On pense souvent à un tempérament vif, à un manque de limites, à un excès d’écrans ou encore à un éventuel trouble neurodéveloppemental.
Pourtant, un facteur moins évoqué peut jouer un rôle majeur : les carences nutritionnelles.
De nombreuses études ont montré que le cerveau de l’enfant, en pleine croissance, est extrêmement sensible à la qualité de l’alimentation. Lorsqu’un nutriment essentiel vient à manquer, cela peut entraîner des répercussions directes sur l’humeur, l’attention, l’énergie, le sommeil… et donc sur le comportement.
Dans cet article, nous allons explorer en profondeur le lien entre agitation et carences, comment les identifier, et surtout comment aider un enfant à retrouver équilibre et apaisement.
Le cerveau d’un enfant consomme deux fois plus d’énergie que celui d’un adulte. Il est également en pleine maturation, notamment au niveau :
des connexions neuronales (synapses),
de la myélinisation,
de l’équilibre des neurotransmetteurs,
de la gestion du stress et des émotions.
Chaque étape nécessite des nutriments spécifiques : acides gras pour les membranes neuronales, fer pour l’oxygénation, magnésium pour la régulation nerveuse, zinc et vitamines B pour la synthèse des neurotransmetteurs…
Quand un de ces éléments manque, l’enfant peut réagir par :
agitation motrice,
irritabilité,
crises émotionnelles,
troubles de l’attention,
hypersensibilité,
fatigue paradoxale.
Contrairement à l’adulte, l’enfant verbalise rarement son malaise. Le comportement devient alors un signal d’alarme.
Le fer est indispensable à la fabrication de la dopamine, un neurotransmetteur lié à la motivation, la concentration et la régulation de l’activité motrice.
agitation, nervosité,
difficultés d'attention,
pâleur, fatigue,
essoufflement rapide,
ongles fragiles.
Les enfants qui mangent peu de viande ou ceux en croissance rapide sont particulièrement à risque.
Le magnésium contribue à la détente musculaire et nerveuse.
Une carence peut provoquer un état d’hyperexcitabilité.
agitation physique,
impatience, irritabilité,
stress amplifié,
troubles du sommeil,
maux de ventre ou tensions.
Les sodas, sucreries et stress prolongé augmentent les pertes en magnésium.
Les oméga-3 (DHA et EPA) jouent un rôle central dans :
l’apprentissage,
la mémoire,
la régulation émotionnelle.
impulsivité,
difficultés scolaires,
agitation,
lenteur ou confusion dans les tâches cognitives.
Les enfants qui ne consomment ni poisson gras, ni noix, ni graines en manquent souvent.
Souvent associée aux os, la vitamine D influence aussi l’humeur et les défenses immunitaires.
irritabilité,
fatigabilité,
agitation légère mais persistante,
vulnérabilité émotionnelle.
Les enfants passant peu de temps dehors sont plus exposés.
Ces nutriments interviennent dans la production de neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine.
nervosité,
hypersensibilité émotionnelle,
difficulté à gérer la frustration,
troubles de la concentration.
Trop de sucre, produits ultra-transformés, manque de légumes, de protéines ou de graisses saines.
Elle augmente les besoins en fer, magnésium et protéines.
Le stress chronique épuise les réserves de magnésium et de vitamines B.
Certaines carences se retrouvent plus fréquemment dans certaines familles, notamment le fer ou la vitamine D.
Les symptômes varient, mais il existe des signaux souvent révélateurs :
agitation constante,
difficulté à rester assis,
irritabilité, sautes d’humeur,
anxiété, hypersensibilité,
difficultés d’attention ou de mémorisation.
fatigue persistante,
crampes, tics, tremblements légers,
pâleur,
sommeil agité,
appétit faible ou très sélectif.
Seul un bilan sanguin demandé par un médecin peut confirmer la présence d’une carence (fer/ferritine, vitamine D, magnésium, zinc…).
Voici quelques pistes simples :
lentilles, haricots rouges,
viande rouge 1–2 fois/semaine,
œufs, épinards,
combiner avec la vitamine C (orange, kiwi, poivron).
chocolat noir à 70 %,
amandes, noix de cajou,
bananes,
légumes verts.
poissons gras (saumon, sardines, maquereaux),
noix, graines de chia,
huile de colza ou lin.
flocons d’avoine, couscous complet,
œufs,
levure de bière.
limiter les sucres rapides (sodas, bonbons),
diminuer les écrans le soir,
éviter les repas trop tardifs,
respecter un rythme régulier (sommeil, repas, activités).
Le mouvement aide à réguler les neurotransmetteurs.
La lumière du soleil augmente la vitamine D et stabilise l’humeur.
Certaines carences, notamment en fer et en vitamine D, nécessitent des dosages précis. Une supplémentation non encadrée peut être risquée.
Si malgré une alimentation équilibrée l’agitation persiste :
un trouble de l’attention (TDAH),
une anxiété non exprimée,
des difficultés scolaires,
un haut potentiel ou une hypersensibilité,
peuvent aussi être en cause.
L’agitation n’a jamais une seule explication : l’approche doit être globale.
L’agitation chez l’enfant n’est pas toujours un caprice ou un trouble comportemental. Parfois, le corps envoie simplement un signal : un besoin nutritionnel n’est pas rempli. En s’intéressant à l’alimentation, aux apports essentiels et à l’hygiène de vie, il est souvent possible d’apaiser l’enfant de manière naturelle et durable.
Repérer et corriger une carence peut transformer le quotidien :
plus de calme,
meilleure concentration,
sommeil apaisé,
émotions mieux régulées.
C’est une piste simple, souvent négligée, mais aux effets profonds.
Aloe Lèvres
Il y a 29 minutes, de Laayoune